RDC : Il est temps de créer officiellement un Corps National des Animateurs des Léopards

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Par Osée Ngolo LaPlume Engagée | Actungolo.com | +243834344477

Le départ du supporter congolais Lumumba Vea du groupe « Wazelendo » de Mundele Ndundu pour créer « Échos du Bloc Léopards » n’est pas une mauvaise nouvelle en soi. Au contraire, cela démontre une chose essentielle : le peuple congolais aime profondément ses Léopards. La passion est vivante. L’engagement est réel. La jeunesse veut participer, vibrer et porter haut les couleurs de la République démocratique du Congo.

Mais derrière cette passion, il y a une réflexion sérieuse que notre gouvernement ne doit plus ignorer.

Aujourd’hui, les groupes d’animation naissent de manière individuelle, sans véritable cadre officiel, sans organisation nationale structurée, sans accompagnement de l’État. Et demain, si rien n’est fait, cette multiplication des groupes risque malheureusement de produire plus de tensions que d’unité. Là où nous devrions voir une seule voix derrière les Léopards, nous pourrions assister à des rivalités inutiles, des conflits d’intérêts, des divisions et même des affrontements regrettables entre supporters.

Le football doit unir la nation, pas créer des camps opposés.

C’est pourquoi il devient urgent que le ministère des Sports et Loisirs, en collaboration avec les ministères de l’Intérieur, du Budget, des Finances et de la Fonction publique, réfléchisse sérieusement à la création officielle d’un Corps National des Animateurs des Léopards. Une structure reconnue par l’État, organisée, disciplinée, formée et encadrée officiellement.

Le ministère de l’Intérieur aurait notamment un rôle important dans l’encadrement administratif, la prévention des tensions, la coordination sécuritaire et le maintien de l’ordre autour des grands rassemblements sportifs. Quant aux ministères du Budget, des Finances et de la Fonction publique, leur implication permettrait de donner à cette structure une véritable existence institutionnelle, avec un mécanisme transparent de financement, d’organisation et de prise en charge officielle.

Ces animateurs devraient être : — identifiés officiellement ; — formés sur les valeurs du patriotisme et du civisme ; — pris en charge de manière transparente ; — rémunérés par le trésor public comme ambassadeurs de l’ambiance sportive nationale ; — et soumis à une discipline commune au service de la nation.

Car il faut voir loin.

À chaque match des Léopards, qui choisira quel groupe accompagnera l’équipe nationale ? Sur quelle base ? Avec quelle légitimité ? Et demain, lorsque plusieurs groupes voudront chacun imposer leur présence, leurs chants, leurs membres ou leurs intérêts, qui portera la responsabilité des frustrations et des débordements ?

Le risque est réel.

Laisser uniquement les initiatives privées gérer l’animation nationale, c’est exposer notre football à des tensions permanentes. Et dans un pays aussi passionné que le nôtre, certaines incompréhensions peuvent malheureusement dégénérer jusqu’à mettre des vies humaines en danger.

Le gouvernement congolais doit anticiper avant qu’il ne soit trop tard.

Nous avons besoin d’une vision nationale de l’animation sportive, comme cela existe dans plusieurs grandes nations du football. Les supporters ne doivent pas être considérés seulement comme des gens qui chantent dans les gradins. Ils participent à l’image du pays, au moral des joueurs, à l’identité du football national et à la ferveur patriotique.

Le Congo mérite une organisation digne de sa passion.

Cette réflexion n’est dirigée contre aucun groupe, ni contre Lumumba Vea, ni contre « Wazelendo », ni contre les futurs mouvements qui naîtront encore demain. Au contraire, elle vise à protéger tous ces passionnés, à éviter les divisions inutiles et à construire une structure forte, durable et respectée par tous.

Le patriotisme ne doit pas être improvisé. L’amour des Léopards doit être organisé. Et la ferveur congolaise mérite un cadre officiel à la hauteur de son intensité.

Le ministère des Sports et Loisirs a aujourd’hui l’occasion d’écrire une nouvelle page de l’histoire du sport congolais : celle d’une nation qui transforme la passion populaire en force nationale organisée.

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