Fils Mukoko au bord du gouffre : cinq coups durs, désavoué par l’UDPS, visé par la justice, suspendu puis révoqué de la RASKIN et frappé par le CSAC
Écrit par Osée Ngolo LaPlume Engagée
Journaliste et analyste politique | Actungolo.com | +243818143137
En quelques heures, le sort de Fils Mukoko Mudipanu a basculé et son avenir s’assombrit davantage. Désavoué publiquement par son parti politique, l’UDPS, visé par une enquête judiciaire, suspendu de ses fonctions à la RASKIN, frappé d’un embargo médiatique de 88 jours par le CSAC, puis définitivement révoqué par le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki : cinq revers majeurs qui placent le responsable au cœur d’une tempête politique, judiciaire, administrative et médiatique. Toutes ces décisions et communications ont marqué la journée du 21 octobre 2026.
La chute est brutale. À Kinshasa, les conséquences des déclarations de Fils Mukoko s’enchaînent à un rythme qui en dit long sur la gravité de la situation. Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le responsable s’est lui-même exprimé sur la distribution d’armes à la population et a évoqué des menaces visant des ressortissants occidentaux présents en République démocratique du Congo. Ces déclarations ont provoqué une onde de choc et déclenché une série de réactions politiques, judiciaires et administratives.
Premier acte : l’UDPS lui retire son soutien. Dans son communiqué officiel n° 013/UDPS/PP/SG/AKT/2026 du 21 octobre 2026, la présidence du parti condamne sans équivoque toute initiative visant à distribuer des armes à la population en dehors du cadre légal. Elle précise que Fils Mukoko n’est pas habilité à engager le parti dans de telles actions et réaffirme son attachement historique à la non-violence et à la lutte politique pacifique. Un désaveu public qui marque une prise de distance nette entre le parti et les initiatives de ce cadre.
Deuxième front : la justice entre en scène. Dans son communiqué n° 0037/CAB/ME/MIN/J&GS/2026 du 21 octobre 2026, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atundoko Andali, annonce avoir instruit le procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête judiciaire. Les faits exposés dans la vidéo doivent être examinés par les autorités compétentes afin d’établir les responsabilités éventuelles, dans le respect de la loi.
Troisième séisme : la suspension à la RASKIN. Dans une correspondance corrigée et datée du 21 octobre 2026, le ministre provincial de l’Environnement, de la Propreté publique, de l’Embellissement de la ville et de l’Aménagement annonce la suspension de Fils Mukoko de ses fonctions de directeur général a.i. de la Régie d’assainissement de Kinshasa. Le document invoque un manquement grave aux obligations professionnelles et fait explicitement référence au communiqué du ministre de la Justice du 21 octobre annonçant l’ouverture d’une enquête judiciaire. La chronologie est ainsi rétablie : la suspension intervient dans le prolongement de cette instruction.
Quatrième foudre : le CSAC frappe avec 88 jours d’embargo médiatique. Dans son acte du 21 octobre 2026, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication impose, à titre conservatoire, un embargo médiatique contre Fils Benoît Mukoko Mudipanu sur toute l’étendue du territoire national. La mesure lui interdit de communiquer par les médias en ligne, les réseaux sociaux et tout autre moyen de communication de masse pendant 88 jours. Le CSAC invoque notamment des déclarations qu’il considère comme susceptibles de troubler l’ordre public et de relever de l’incitation à la violence.
Le couperet final : Daniel Bumba prononce sa révocation définitive de la RASKIN. Dans l’arrêté provincial n° SC/0276/CAB/GVK/DBL/2026 du 21 octobre 2026, le gouverneur de Kinshasa révoque officiellement Fils Benoît Mukoko Mudipanu de ses fonctions de directeur général adjoint chargé des questions techniques de la Régie d’assainissement de Kinshasa. Cette décision va au-delà de la suspension : elle met formellement fin à ses fonctions au sein de cette régie provinciale.

Le tableau est lourd : un désaveu politique, une enquête judiciaire annoncée, une suspension administrative, un embargo médiatique de près de trois mois et une révocation définitive. Cinq revers en une seule journée, qui fragilisent considérablement la position de Fils Mukoko. La suspension et la révocation constituent deux décisions administratives distinctes, tandis que le désaveu de l’UDPS, l’instruction judiciaire et l’embargo du CSAC complètent cette succession de mesures.
L’affaire dépasse désormais le cadre d’une controverse sur les réseaux sociaux. Si la liberté d’expression est garantie, elle ne saurait justifier des menaces ou des appels à des actes susceptibles de mettre autrui en danger. Les responsabilités éventuelles devront néanmoins être établies par les autorités compétentes, dans le respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence.
À Kinshasa, le dossier Fils Mukoko connaît un tournant majeur. Entre désaveu politique, enquête judiciaire, suspension, embargo médiatique et révocation définitive, les événements du 21 octobre 2026 constituent une séquence particulièrement lourde de conséquences pour son avenir public.

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