Inspiration et Écritures : dépasser la controverse pour retrouver l’équilibre biblique (Mike Kalambayi vs Lifoko du Ciel)

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Par Osée Ngolo LaPlume🖋️ Engagée | ACTU NGOLO | +243834344477

La polémique née autour de la chanson Inspiration du pasteur Lifoko du Ciel et de la réaction du pasteur Mike Kalambayi a suscité de vives réactions dans l’opinion chrétienne. Pourtant, au-delà des prises de position parfois passionnées, ce débat soulève une question théologique fondamentale : comment concilier l’action vivante de l’Esprit et l’autorité des Écritures sans les opposer ?

UN DÉBAT ANCIEN, UNE POLÉMIQUE NOUVELLE

Dans l’histoire du christianisme, la relation entre l’inspiration divine et les Écritures n’a jamais cessé d’interroger théologiens, pasteurs et fidèles. La controverse récente, amplifiée par les réseaux sociaux, n’est donc pas une rupture, mais la résurgence d’un débat ancien, ravivé par le langage contemporain et les sensibilités actuelles.

D’un côté, le pasteur Mike Kalambayi a exprimé une inquiétude doctrinale claire : préserver l’Église contre toute dérive où des inspirations personnelles prendraient le pas sur l’autorité biblique. De l’autre, le pasteur Lifoko du Ciel a rappelé avec force que Dieu demeure un Dieu vivant, qui inspire, parle et guide encore aujourd’hui par son Esprit.

L’INSPIRATION AVANT L’ÉCRITURE : UNE RÉALITÉ BIBLIQUE

Sur le plan strictement biblique et historique, un fait s’impose : les Écritures sont nées de l’inspiration divine. Avant d’être écrite, la Parole a été révélée. Moïse a entendu avant de rédiger. Les prophètes ont reçu avant de consigner. Les apôtres ont vécu avant de témoigner. Cette chronologie est reconnue par l’ensemble des traditions chrétiennes.

Affirmer que l’inspiration précède historiquement l’Écriture ne constitue donc ni une innovation théologique ni une remise en cause de la Bible, mais une réalité inhérente à sa formation.

L’AUTORITÉ DES ÉCRITURES : UNE LIMITE NÉCESSAIRE

Cependant, reconnaître cette antériorité ne signifie pas accorder à toute inspiration contemporaine une autorité égale ou supérieure à celle des Écritures. C’est précisément sur ce point que l’alerte du pasteur Mike Kalambayi mérite une écoute attentive. L’histoire de l’Église témoigne des conséquences graves des révélations non éprouvées, ayant parfois conduit à la confusion doctrinale et à des abus spirituels.

Dans la foi chrétienne, les Écritures demeurent la norme ultime, le repère commun, l’arbitre qui juge toute inspiration, ancienne ou actuelle.

L’ESPRIT VIVANT ET LA LETTRE ÉCRITE : UNE COMPLÉMENTARITÉ

À l’inverse, réduire la foi chrétienne à une lecture figée du texte, sans place pour l’action actuelle de l’Esprit, serait tout aussi problématique. Le christianisme n’est pas une religion de la lettre morte, mais une relation vivante avec Dieu. L’exemple biblique des mages illustre cet équilibre : une étoile, signe inspiré, les met en mouvement ; mais ce sont les Écritures qui leur donnent la destination exacte.

Ainsi, l’inspiration initie, l’Écriture précise. L’une sans l’autre conduit soit au ritualisme stérile, soit au mysticisme incontrôlé.

UN APPEL À LA RESPONSABILITÉ DES LEADERS

La véritable fragilité révélée par cette polémique n’est pas doctrinale, mais communicationnelle. Les mots ont un poids, surtout lorsqu’ils sont portés par des figures spirituelles. Qualifier hâtivement une pensée de « diabolique » ou formuler des expressions théologiquement sensibles sans encadrement peut créer des fractures inutiles dans un corps appelé à l’unité.

L’Église gagne toujours à enseigner plutôt qu’à condamner, à expliquer plutôt qu’à opposer.

UNE OPPORTUNITÉ DE MATURITÉ POUR L’ÉGLISE

Loin de diviser durablement, ce débat peut devenir une opportunité salutaire : celle d’un approfondissement théologique, d’un discernement collectif et d’un langage spirituel plus responsable. La vérité biblique ne s’impose ni par la violence verbale ni par l’émotion, mais par la clarté, l’humilité et la paix.

L’inspiration authentique ne contredit jamais les Écritures, et les Écritures n’étouffent jamais l’action véritable de l’Esprit. Là où ces deux réalités marchent ensemble, l’Église grandit. Là où elles s’opposent, elle se fragilise.

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