Spoliation foncière à Kinshasa par Zico Mukanga : entre accusations publiques et exigence de preuves
Par Osée Ngolo LaPlume🖋️ Engagée | ACTU NGOLO | +243834344477
Depuis quelques jours, une publication largement relayée sur les réseaux sociaux fait état d’une prétendue spoliation foncière massive dans la périphérie de Kinshasa, le long de la route ROCAD, impliquant nommément M. Zico Mukanga et un chef coutumier local. Ces accusations, d’une gravité extrême, évoquent la spoliation de plusieurs dizaines de concessions ainsi que des actes de violence présumés à l’encontre de certains occupants.
Face à ces allégations, il est essentiel de rappeler un principe fondamental dans toute société démocratique et dans tout État de droit : la gravité d’une accusation impose la rigueur de la preuve.
ACCUSER N’EST PAS PROUVER
Les questions foncières à Kinshasa et dans ses périphéries sont complexes, anciennes et souvent marquées par des conflits de titres, des superpositions d’actes administratifs et des interprétations divergentes du droit coutumier et du droit écrit. Pour cette raison précisément, aucune accusation ne peut être tenue pour établie sans documents officiels, sans confrontation contradictoire et sans décision des autorités compétentes.
À ce jour, aucune publication officielle de titres fonciers contradictoires, aucune décision judiciaire, ni aucun rapport administratif indépendant n’a été rendu public pour étayer de manière formelle ces accusations. Dans ces conditions, transformer des allégations en verdict sur les réseaux sociaux revient à substituer le tribunal populaire à la justice républicaine.
LA RESPONSABILITÉ DES ACTEURS PUBLICS ET MÉDIATIQUES
La liberté d’expression est un droit fondamental. Mais elle s’accompagne d’une responsabilité, surtout lorsqu’il s’agit de sujets sensibles comme le foncier, où les conséquences sociales et humaines peuvent être lourdes.
Relayer des accusations nominatives sans preuves vérifiables expose non seulement à des dérives, mais aussi à des injustices irréparables pour les personnes mises en cause.
Il est également important de rappeler que les différends fonciers ne se règlent ni par l’émotion, ni par l’indignation numérique, mais par l’examen des titres, la traçabilité des concessions et le respect des procédures légales.
LA JUSTICE COMME SEUL ARBITRE LÉGITIME
Si des faits de spoliation ou de violence ont effectivement été commis, la justice doit être saisie, les enquêtes doivent être menées et les responsabilités établies, sans complaisance.
À l’inverse, si les accusations sont infondées, il est du devoir des mêmes institutions de rétablir la vérité et de protéger les personnes injustement mises en cause.
Dans les deux cas, la justice demeure le seul cadre légitime de règlement. Les réseaux sociaux ne peuvent ni enquêter, ni juger, ni condamner.
POUR UN DÉBAT RESPONSABLE ET APAISÉ
Dans un contexte national où les tensions sociales et foncières restent vives, la prudence, la rigueur et le respect des institutions doivent guider chaque prise de parole publique.
La recherche de la vérité exige des faits, des preuves et des procédures, non des invectives ou des campagnes de lynchage numérique.
La République Démocratique du Congo ne se construira pas sur la rumeur, mais sur le droit, la justice et la responsabilité collective.

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