RDC : Face au Congrès, le Président Félix Tshisekedi dénonce l’agression rwandaise et pose ses lignes rouges sur la souveraineté

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Par S. Tenplar Ngwadi | ACTU NGOLO |
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Devant le Parlement réuni en congrès ce lundi 8 décembre 2025 au Palais du Peuple, le Président Félix Tshisekedi a dressé un bilan de l’année 2025 dominé par la crise sécuritaire dans l’Est, adoptant un ton ferme et accusateur, tout en réaffirmant l’intransigeance de Kinshasa sur sa souveraineté.

Le Chef de l’État a débuté son discours en rendant hommage aux victimes des violences. « Permettez-moi de m’incliner avec vous, devant la mémoire de toutes les victimes des conflits et des violences qui ont, encore cette année, endeuillé nos familles, particulièrement à l’Est de la République », a-t-il déclaré. Il a assuré les populations touchées – « blessés, déplacés, populations contraintes à la peur et à l’errance » – que leur souffrance n’est « ni étrangère ni indifférente » et que « l’État est, et, restera à vos côtés. »

Accusation directe contre le Rwanda et le M23

Passant à l’offensive, le Président Tshisekedi a désigné sans ambiguïté les responsables de la dégradation sécuritaire. Il a affirmé que « La coalition AFC/M23, bénéficiant du soutien direct de l’armée rwandaise, a déclenché une nouvelle offensive d’envergure, s’emparant notamment de Goma et de Bukavu, et étendant son emprise de terreur sur de vastes portions des provinces du Nord et du Sud-Kivu. »

Selon le Chef de l’État, cette « surenchère militaire » s’inscrit dans une « logique bien connue : une entreprise organisée de prédation de nos ressources naturelles et de déstabilisation de nos institutions ». Il a dénoncé les « violations graves et systématiques des droits humains » qui accompagnent cette agression, citant les « exécutions sommaires des civils innocents, violences sexuelles érigées en méthode de combat et déplacements forcés de communautés entières arrachées à leurs terres. »

Quatre priorités pour la sortie de crise

Affirmant que « Tant qu’un seul village, tant qu’un seul quartier, tant qu’une seule colline de ce pays restera sous la menace des armes illégales, je considérerai que notre tâche n’est pas achevée », le Président Tshisekedi a énoncé ses quatre priorités pour mettre fin à la crise dans l’Est.

Ces priorités incluent : le retrait total et vérifiable de toute force armée étrangère du territoire congolais, qu’elle soit officielle ou dissimulée ; la coupure définitive des circuits financiers et logistiques alimentant la violence, par l’éradication de l’exploitation illicite de l’or, du coltan, du cobalt et des autres minerais ; la protection effective des civils et la garantie d’un accès humanitaire sans entraves dans toutes les zones touchées, et enfin, ancrer la paix dans la durée, en combinant fermeté sécuritaire, relance du développement local et démarches de réconciliation au plus près des réalités de chaque communauté.

Pas d’amnistie déguisée ni de partage de souveraineté

Alors que son discours intervient quelques jours après la signature des accords de paix de Washington avec le Rwanda, le Président a tenu à lever toute ambiguïté quant à la portée de ces engagements.

« Permettez-moi d’être parfaitement clair : ces accords ne consacrent aucune forme de partage de notre souveraineté. Ils ne valident ni les prétentions territoriales de qui que ce soit, ni la mise sous tutelle de nos ressources », a-t-il insisté.

Il a également mis en garde contre toute interprétation laxiste des accords en matière de justice : « Ils ne sauraient non plus être interprétés comme une amnistie déguisée des crimes perpétrés contre notre peuple. La justice suivra son cours, avec rigueur, jusqu’au bout, et sans complaisance afin d’honorer la mémoire de celles et ceux injustement tombés du fait de cette agression. »

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