Une sortie médiatique suivie d’une série de problèmes : Bahati Lukwebo destitué de l’AFDC-A, Otto Bahizi assure l’intérim

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Par Martin Tadiya|
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La chute de Modeste Bahati Lukwebo s’accélère sur l’échiquier politique congolais. Quelques jours seulement après sa démission de son poste de deuxième vice-président du Sénat, officiellement motivée par « la recherche de la sérénité », l’autorité morale de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) vient d’être destituée de la tête de son propre regroupement politique.

À l’origine de cette descente politique, une série d’événements déclenchés par une sortie médiatique qui n’est pas passée inaperçue. Intervenant dans un débat national particulièrement sensible, Bahati Lukwebo avait soutenu, que la Constitution congolaise ne souffrait d’aucune faiblesse majeure, estimant plutôt que les problèmes du pays relèvent de la qualité des hommes appelés à l’appliquer. Une position qui tranche avec les voix appelant à sa révision ou à son changement.

Si cette prise de position pouvait apparaître comme un appel à la responsabilité des dirigeants, elle a cependant suscité des interprétations diverses au sein de sa famille politique. Certains cadres de l’AFDC-A y ont vu un positionnement politique mal calibré dans un contexte déjà tendu, accentuant des fractures internes jusque-là contenues.

À cette controverse est venue s’ajouter une pression institutionnelle. Au Sénat, Bahati Lukwebo faisait face à une pétition initiée par le sénateur Danny Kabongo, mettant en cause ses compétences dans la gestion de ses fonctions au Bureau. L’examen de cette démarche, accompagné de discussions en plénière sur la mise en place d’une commission, a contribué à fragiliser davantage sa position, jusqu’à précipiter sa démission.

C’est dans ce climat de turbulences politiques que l’AFDC-A a finalement acté sa destitution. Une décision lourde de conséquences, qui marque une rupture nette entre Bahati Lukwebo et une partie de ses anciens alliés.

Pour assurer la continuité du regroupement, Otto Bahizi a été désigné pour assurer l’intérim à la tête de l’AFDC-A, en attendant l’organisation d’un congrès qui devra désigner un nouveau leadership. Cette transition s’annonce décisive pour l’avenir de la plateforme.

La succession rapide de ces événements illustre la fragilité des équilibres politiques en République démocratique du Congo, où une simple prise de position peut servir de catalyseur à des crises plus profondes. Longtemps figure incontournable de la majorité, Bahati Lukwebo voit aujourd’hui son influence sérieusement remise en question.

Reste à savoir si cette reconfiguration permettra à l’AFDC-A de se stabiliser ou si elle ouvrira une nouvelle phase de tensions internes.

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