Déclaration anti-révision de la Constitution : l’absence du nom de l’évêque de Mbuji-Mayi et le cas de Buta sèment le doute
Par Martin Tadiya | Actungolo.com | +243834344477
Alors que la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) s’est clairement prononcée contre toute initiative de révision de la Constitution, un détail relevé dans le document publié continue d’alimenter les discussions. Le nom de l’évêque de Mbuji-Mayi ne figure pas parmi les signataires de la déclaration, tandis que celui de l’évêque de Buta apparaît sur la liste sans qu’une signature ne soit visible. Une situation qui nourrit interrogations et commentaires dans un contexte politique particulièrement sensible.
La CENCO ferme la porte à une révision constitutionnelle
Dans sa déclaration rendue publique cette semaine, la CENCO a réaffirmé son opposition à toute démarche visant à modifier la Constitution de la République démocratique du Congo.
Les évêques catholiques estiment qu’ils ne voient « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » d’engager un tel processus, appelant plutôt les dirigeants à concentrer leurs efforts sur les priorités nationales, notamment la sécurité, la cohésion sociale et l’amélioration des conditions de vie de la population.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle revient régulièrement dans l’espace politique congolais.
Une absence qui attire l’attention
Au-delà du contenu du message, plusieurs observateurs se sont attardés sur la liste des signataires.
Contrairement aux autres évêques mentionnés dans le document, le nom de l’évêque de Mbuji-Mayi ne figure tout simplement pas sur la liste des prélats ayant endossé la déclaration. Une absence qui n’est pas passée inaperçue, particulièrement dans l’espace kasaïen où les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux.
Pour certains internautes, ce constat contraste avec l’implication historique de l’Église catholique dans les combats citoyens liés à la défense de l’ordre constitutionnel.
Le cas particulier de l’évêque de Buta
Autre élément relevé par les internautes : le nom de l’évêque de Buta apparaît bel et bien parmi les signataires du document. Cependant, aucune signature correspondante n’est visible sur la déclaration publiée.
Cette situation alimente davantage les interrogations sur les conditions de validation du texte et sur les raisons pouvant expliquer ces particularités observées dans le document officiel.
Jusqu’à présent, ni la CENCO ni les diocèses concernés n’ont fourni d’explication officielle sur ces observations.
Le souvenir encore vivant des manifestations passées
Dans plusieurs réactions publiées en ligne, des internautes rappellent les mobilisations citoyennes qui avaient marqué le débat sur le respect de la Constitution durant les années précédentes.
À Mbuji-Mayi notamment, l’Église catholique avait joué un rôle important dans l’encadrement spirituel et citoyen des fidèles engagés dans les manifestations. Plusieurs personnes avaient perdu la vie au cours de cette période, parmi lesquelles le jeune Kapangala, dont le souvenir demeure présent dans la mémoire collective de nombreux habitants du Kasaï Oriental.
Entre spéculations et attente de clarification
En l’absence d’une communication officielle, les interprétations se multiplient. Certains évoquent une simple omission administrative, tandis que d’autres s’interrogent sur l’existence d’éventuelles divergences de procédure ou de positionnement.
Quelles qu’en soient les raisons, cette situation démontre une nouvelle fois la portée politique et symbolique des prises de position de la CENCO, dont les déclarations continuent d’être scrutées avec attention par l’opinion publique.
La polémique autour de la liste des signataires révèle à quel point la question de la révision constitutionnelle demeure un sujet sensible en RDC. Dans un climat marqué par la méfiance politique, chaque détail est rapidement interprété et commenté.
L’absence du nom de l’évêque de Mbuji-Mayi parmi les signataires ainsi que la présence du nom de l’évêque de Buta sans signature visible constituent des éléments qui alimentent naturellement les interrogations. Toutefois, en l’absence d’explications officielles, aucune conclusion définitive ne peut être tirée.
Cette controverse rappelle surtout l’influence considérable que conserve l’Église catholique dans le débat public congolais, particulièrement lorsqu’elle intervient sur les questions liées à la gouvernance, à la démocratie et au respect de la Constitution.
