Est de la RDC : « Les États-Unis répondront avec fermeté aux violations de l’accord de paix », prévient l’ambassadrice Lucy Tamlyn
Par S. Tenplar Ngwadi | ACTU NGOLO |
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Alors que les tensions et les affrontements s’intensifient à l’Est de la République démocratique du Congo, malgré les accords de paix de Washington entérinés sous l’égide du Président américain Donald Trump, les États-Unis d’Amérique réaffirment leur engagement à faire respecter ces engagements. L’ambassadrice américaine en RDC, Lucy Tamlyn, a été la porte-parole de cette ferme détermination, promettant une réponse musclée aux actions sur le terrain tout en privilégiant la diplomatie.
Lors d’un échange avec la presse à Kinshasa ce lundi 15 décembre, Lucy Tamlyn a transmis un message clair : « Le président Donald Trump est un homme de paix. Il a voulu rassembler les parties prenantes pour discuter, engager un dialogue en faveur de la paix. Nous savons que ce n’est que le début du processus, du travail. Sachez que vous pouvez compter sur les États-Unis : nous répondrons aux actions sur le terrain avec beaucoup de fermeté, tout en continuant à privilégier la voie diplomatique afin de garantir le respect des engagements pris. » Cette déclaration souligne la double approche de Washington : fermeté face à la violation des accords et persévérance dans la recherche d’une solution pacifique.
La diplomate américaine a précisé que son pays passait en revue « tous les outils possibles » pour assurer le respect des engagements, citant notamment les outils diplomatiques, les sanctions, ainsi que les activités bilatérales et multilatérales. Elle a réitéré l’implication personnelle du Président Trump dans la recherche de la paix en RDC, qui suit « avec beaucoup d’intérêt la situation sur le terrain ici ». « Nous sommes en train de préparer une réponse, » a-t-elle ajouté.
Lucy Tamlyn a rappelé que la position des États-Unis avait déjà été clairement énoncée par le Secrétaire d’État américain Marco Rubio et l’Ambassadeur auprès des Nations unies, Mike Waltz. Ces derniers avaient « dénoncé les actions sur le terrain » et insisté sur la nécessité pour le Rwanda de respecter les engagements pris le 4 décembre à Washington. « Nous reconnaissons le droit de la RDC de défendre son territoire et d’inviter les forces Rwandaises à se retirer, » a-t-elle fermement rappelé.
Cette ferme position américaine intervient dans un contexte de regain de violence, marqué par la prise de la ville stratégique d’Uvira par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda. Cette avancée renforce l’influence du groupe dans le Nord et le Sud-Kivu et ouvre potentiellement la voie vers le Grand Katanga, poumon économique du pays. Suite aux pressions internationales, et notamment celles des États-Unis, l’AFC/M23 a toutefois annoncé un retrait unilatéral de ses forces d’Uvira, en conformité avec la demande des médiateurs américains. L’issue de ce bras de fer diplomatique et sécuritaire reste cependant en suspens.
La rébellion, par la voix de son coordonnateur politique Corneille Nangaa, a exprimé lundi 15 décembre 2025 une volonté de donner une chance aux processus de paix en cours.
Cette initiative intervient dans une période où les accords de Washington, parrainés par les États-Unis et signés entre Kinshasa et Kigali, étaient censés consolider un cessez-le-feu. Ces accords, qui devaient représenter une lueur d’espoir pour les médiateurs et les partenaires internationaux de la RDC et du Rwanda, se sont malheureusement accompagnés d’une dégradation accrue de la situation sur le terrain.
Au lieu d’une stabilisation, la région est désormais le théâtre d’accusations mutuelles entre la RDC et le Rwanda quant à la responsabilité de la crise sécuritaire actuelle. C’est dans ce climat de méfiance et de violence que le communiqué de Corneille Nangaa, signé le jour même, cherche à ouvrir une nouvelle voie, en exprimant l’objectif de « donner une chance aux processus de paix en cours ».
