RDC : La « taxe d’estampillage » étrangle les transporteurs et menace l’économie locale au Kongo Central et Kinshasa
Par la rédaction | ACTU NGOLO |
+243834344477
Dans la province du Kongo Central, l’instauration d’une nouvelle « taxe d’estampillage » par le ministère provincial des finances et de l’industrie, gérée par l’agence de contrôle et de surveillance des grands véhicules, provoque une vive contestation de la part des chauffeurs, qui dénoncent une utilisation jugée abusive et aux conséquences désastreuses pour l’économie locale.
Selon les explications et les dénonciations d’un conducteur s’étant exprimé sous anonymat, cette taxe est facturée par tonne, à raison de 2 dollars américains (USD) par tonne. « Si vous avez une voiture de 30 tonnes, vous devez payer 60$ pour passer, et aller laisser la marchandise, au retour vous devez à nouveau payer ce montant. Ce qui veut dire, autant de fois que vous allez passer, c’est autant de fois que vous allez payer cette somme de 60$ », a-t-il déploré auprès de notre rédaction.
La tarification varie selon la nature des produits transportés. Le ciment emballé est facturé par sac, tandis que le ciment en vrac, acheminé par citernes, est taxé par kilogramme. Le carburant, quant à lui, est assujetti à une taxation par litrage. Cette politique est sévèrement critiquée : « Nous dénonçons vraiment ces manœuvres qui freinent beaucoup de choses, et plusieurs chauffeurs ont abandonné » leur activité.
Les répercussions économiques sont déjà visibles, selon ce même chauffeur. Les transporteurs de sable, par exemple, voient leurs chargements taxés en dollars par tonne. « Par exemple les personnels, les privés n’ont pas droit d’entrer en carrière pour aller prendre les pierres, parce que s’ils osent, on ne sait pas qui va payer, est-ce le client ou le propriétaire du véhicule qui va payer ? Donc plusieurs véhicules sont obligés de rester immobiles, et ça augmente de plus en plus la crise », a-t-il affirmé.
Une incohérence majeure soulevée par les chauffeurs concerne la devise de paiement : « On ne comprend pas, l’État congolais utilise le franc congolais, on nous paye aussi en francs congolais mais pourquoi les taxes sont payés en dollars ? Je ne comprends pas cette contradiction si ça vient d’où vraiment. Ça ne va pas ».
La conséquence directe de cette taxation jugée excessive est la raréfaction des produits sur les marchés. « Puisque aujourd’hui si vous vous rendez dans les différents dépôts que nous vendons des cayances, vous allez constater un vide, il n’y a donc rien à cause de ces taxes exagérés. Les chinois refusent de faire sortir des véhicules à cause de ces taxes », a ajouté le chauffeur.
Les produits concernés par cette taxe d’estampillage incluent, entre autres :
- Ciment emballé (sacs)
- Ciment en vrac (citernes)
- Produits des carrières (moellons, graviers, sables, caillasses et autres matériaux de carrière)
- Produits alimentaires (sucre, farine et huile végétale)
- Produits pétroliers transfrontaliers
- Cigarettes (locales et importées)
- Boissons alcoolisées et non alcoolisées (eaux minérales, liqueurs, whisky, vin et autres)
ainsi que tous les autres produits définis par l’arrêté interministériel.
