RDC : Washington dénonce l’«hypocrisie» du Rwanda à l’ONU et brandit la menace de mesures face à l’escalade
Par S. Tenplar Ngwadi | ACTU NGOLO |
+243834344477
La Mission des États-Unis à l’ONU a accusé le Rwanda de mener la région de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) vers une instabilité et une guerre accrues, dénonçant un déploiement massif d’armes sophistiquées et une entrave flagrante à la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO). Washington a exprimé sa « profonde préoccupation » et a promis d’utiliser les outils à sa disposition pour tenir responsables les « spoilers à la paix ».
Selon la Mission des États-Unis à l’ONU, « ces derniers mois, le Rwanda a déployé plusieurs missiles sol-air et d’autres armes lourdes et sophistiquées au Nord et au Sud-Kivu pour aider le M23 dans son conflit contre la RDC ». Elle affirme également que « le Rwanda et le M23 ont commencé leur offensive le week-end dernier pour prendre Uvira, les forces rwandaises se situant avec le M23 le long des lignes de front ». Des rapports crédibles font état d’une « utilisation accrue de drones suicides, l’utilisation accrue de l’artillerie par le M23 et le Rwanda, y compris les frappes au Burundi ».
Contrairement à la voie de la paix recherchée sous la direction du président Trump, ces actions récentes du Rwanda « mènent la région vers une instabilité et une guerre accrues », déplore la Mission américaine. Elle se dit « profondément préoccupée par la présence continue de l’armée rwandaise sur le territoire congolais à l’appui du M23 » et a averti : « Nous utiliserons les outils à notre disposition pour tenir compte des spoilers à la paix ».
Les États-Unis appellent le Rwanda à « respecter ses engagements et à reconnaître davantage le droit du gouvernement de la République démocratique du Congo de défendre son territoire et son droit souverain d’inviter les forces burundaises sur son territoire ». Ils s’engagent également avec toutes les parties pour « exhorter à la retenue et à éviter de nouvelles escalades, y compris en s’abstenant de toute rhétorique hostile anti-tutsi ».
La Mission américaine a également fustigé l’obstruction dont est victime la MONUSCO. « Le fait que les forces de maintien de la paix de l’ONU soient assiégées par des forces soutenues par un État membre – un État membre qui contribue lui-même aux troupes aux missions de maintien de la paix – est franchement une triste hypocrisie », a-t-elle déclaré. Elle dénonce le « blocage de plusieurs mois de M23 sur la MONUSCO [qui] a sapé sa capacité à fonctionner efficacement à l’entre et à l’extérieur de Goma ». Par ailleurs, le Rwanda « continue de déployer des missiles sol-air et mène en outre des opérations d’usurpation d’identité et de brouillage qui ont effectivement mis à la terre les opérations aériennes de la MONUSCO ».
« Alors, comment la MONUSCO peut-elle réussir dans ces conditions ? », s’interroge la Mission, exigeant « la fin immédiate d’une telle obstruction, qui viole les obligations du M23 et du Rwanda en vertu des accords de Doha et de Washington, respectivement ».
Alors que le Conseil de sécurité négocie le mandat de la MONUSCO, les États-Unis chercheront à « s’assurer que la mission a les capacités nécessaires pour soutenir les accords de Doha et de Washington », tout en rappelant que « les parties elles-mêmes assument l’entière responsabilité de leur mise en œuvre réussie ». Washington reste « ferme dans notre soutien à la MONUSCO et à son rôle dans la réalisation de ces accords historiques, qui, selon nous, ont un grand potentiel pour mettre fin aux décennies de souffrances dans l’est de la RDC ».
