Uvira, le retrait unilatéral de l’AFC/M23 : un test de vérité pour la paix, l’État et la responsabilité historique
Par Osée Ngolo LaPlume🖋️ Engagée | ACTU NGOLO | +243834344477
L’annonce du retrait unilatéral des forces de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, conformément à la demande de la médiation des États-Unis, constitue un tournant politique et sécuritaire majeur dans la crise qui endeuille l’Est de la République démocratique du Congo. Ce geste, présenté comme une mesure de confiance dans le cadre du processus de paix de Doha, ne peut être accueilli ni avec naïveté, ni avec mépris, mais avec une lucidité patriotique exigeante.

Uvira n’est pas une ville comme les autres. Elle est un symbole : symbole de souveraineté, de douleur, de résistance et de fragilité institutionnelle. S’en retirer volontairement, même sous médiation internationale, engage une responsabilité lourde. Ce retrait pose une question centrale : la paix est-elle un slogan diplomatique ou un engagement réel envers le peuple congolais ?

À l’AFC/M23 : la paix ne se démontre pas à moitié
Si l’AFC/M23 affirme vouloir donner une chance au processus de Doha, alors ce retrait ne peut être qu’un début, et non un calcul tactique. La paix ne se négocie pas par zones test, encore moins par des retraits sélectifs. Elle exige une cohérence totale.
Se retirer d’Uvira tout en maintenant une présence armée ailleurs sur le territoire national serait une contradiction grave. Le peuple congolais attend des actes clairs : le retrait total, sans condition, de toutes les zones occupées, et l’abandon définitif de la logique des armes. Toute autre posture ne ferait que prolonger la souffrance, nourrir la méfiance et discréditer les engagements pris devant la communauté internationale.

Au Gouvernement congolais : l’heure de la hauteur d’État
Ce moment interpelle directement le Gouvernement de la République et, au premier chef, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, garant de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale.
Le retrait annoncé de l’AFC/M23 d’Uvira doit être encadré, sécurisé et vérifié. L’État ne peut se permettre ni improvisation ni silence. Il est impératif :
d’assurer la protection immédiate des populations civiles,
d’empêcher toute récupération militaire ou milicienne,
de restaurer rapidement l’autorité de l’État,
et de faire de cette étape un levier pour exiger un retrait global de toutes les forces rebelles du territoire national.
La paix durable ne viendra ni de déclarations isolées, ni de médiations sans suivi rigoureux. Elle viendra d’une stratégie nationale claire, soutenue par une diplomatie ferme et une armée républicaine renforcée, respectée et disciplinée.
Les États-Unis et la médiation internationale : accompagner, mais ne pas remplacer la souveraineté congolaise

La médiation américaine dans ce retrait pose également une exigence : celle du respect de la souveraineté congolaise. La RDC n’est pas un terrain d’expérimentation diplomatique. Toute médiation crédible doit viser un objectif clair : la fin totale de l’occupation armée, et non sa réorganisation géographique.
La communauté internationale sera jugée sur sa capacité à transformer ce retrait en processus irréversible, et non en pause stratégique.

La presse congolaise face à son devoir historique
Dans ce contexte, la presse congolaise ne peut être ni complaisante, ni silencieuse. Elle doit analyser, interpeller, proposer, sans peur et sans alignement aveugle. C’est le rôle que s’efforce de jouer ACTU NGOLO TV : un média congolais, né dans l’adversité, mais résolument engagé pour la paix, la vérité et la responsabilité publique.
Soutenir les médias patriotiques indépendants, ce n’est pas soutenir des individus ; c’est investir dans la stabilité nationale, dans la prévention des conflits, dans la conscience citoyenne. Un État fort a besoin d’une presse forte, libre et responsable.

Uvira comme point de départ, pas comme exception
Le retrait annoncé de l’AFC/M23 d’Uvira peut devenir soit un tournant historique, soit une illusion de plus dans une longue série de désillusions. Tout dépendra de la sincérité des acteurs, de la fermeté de l’État congolais et de la vigilance du peuple.
La RDC mérite une paix entière, pas fragmentée.
Elle mérite une souveraineté respectée, pas négociée par morceaux.
Elle mérite des médias soutenus, pas marginalisés.
Uvira doit être le point de départ du retrait total, et non l’exception qui confirme l’occupation ailleurs.
