Averda en Afrique centrale : bilans controversés au Gabon et à Brazzaville, Kinshasa face à un risque majeur
Par Osée Ngolo LaPlume Engagée | ACTU NGOLO
Alors que la ville-province de Kinshasa confie la gestion de ses déchets à la société Averda, plusieurs expériences africaines, notamment au Gabon et en République du Congo, soulèvent de sérieuses inquiétudes. Enquête.
AVERDA : UN GÉANT DU DÉCHET AU BILAN AFRICAIN CONTESTÉ
Présente dans plus de 15 pays, la société Averda, spécialisée dans la collecte et le traitement des déchets, se présente comme un leader mondial de l’assainissement. Pourtant, son passage en Afrique centrale est loin de faire l’unanimité, comme l’ont relevé plusieurs médias et organisations de la société civile.
🇬🇦 GABON : PROMESSES NON TENUES ET CRITIQUES RÉCURRENTES
Au Gabon, Averda (à travers ses filiales) a été associée à des contrats de gestion des déchets dans plusieurs localités, notamment à Libreville.
Constats rapportés par la presse :
▪️ Collecte irrégulière des déchets, avec des quartiers entiers livrés aux immondices
▪️ Manque de moyens logistiques visibles malgré des contrats coûteux
▪️ Accusations de surfacturation et de faible transparence contractuelle
MÉDIAS AYANT ÉVOQUÉ CES DIFFICULTÉS :
🟥 RFI Afrique – reportages sur l’insalubrité persistante à Libreville
🟥 Jeune Afrique – analyses sur les limites des partenariats public-privé dans l’assainissement
🟥 Gabonreview – articles critiques sur la gestion des déchets urbains
Bilan globalement jugé décevant, avec un écart notable entre les engagements contractuels et la réalité sur le terrain.
🇨🇬 BRAZZAVILLE : UNE INSATISFACTION POPULAIRE DOCUMENTÉE
À Brazzaville, Averda a également opéré dans le secteur de la collecte des déchets solides.
PROBLÈMES RÉGULIÈREMENT DÉNONCÉS :
🔸 Retards chroniques dans la collecte
🔸 Décharges sauvages persistantes malgré la présence de l’opérateur
🔸 Mécontentement des populations et des élus locaux
SOURCES MÉDIATIQUES :
🔹 Les Dépêches de Brazzaville – critiques sur la salubrité urbaine
🔹 Africa Intelligence – notes sur les difficultés opérationnelles d’Averda en Afrique centrale
🔹 La Semaine Africaine – enquêtes locales sur la gestion des déchets
Là encore, le bilan est jugé mitigé à négatif, sans transformation structurelle durable de la ville.
LE NERF DE LA GUERRE : UN COÛT PLUS ÉLEVÉ QUE LES ALTERNATIVES
Selon les informations disponibles, Averda négocie la tonne de déchets autour de 60 USD,
alors que :
🔵 Albayrak, société déjà expérimentée dans l’assainissement urbain,
🔵 applique un tarif d’environ 50 USD la tonne,
🔵 avec un bilan largement positif dans plusieurs villes africaines, souvent salué pour :
- la régularité de la collecte,
- la modernisation du parc logistique,
- et une meilleure visibilité des résultats.
Pourquoi Kinshasa paierait plus cher pour un opérateur au bilan controversé ?
KINSHASA EN DANGER : RÉPÉTER LES ERREURS DES AUTRES CAPITALES ?
Kinshasa, mégapole de plus de 17 millions d’habitants, fait déjà face à :
- des inondations meurtrières,
- une insalubrité chronique,
- une pression environnementale extrême.
Signer un contrat avec une entreprise dont les précédents régionaux sont critiqués, sans audit public indépendant, expose la capitale congolaise à :
- un échec opérationnel coûteux,
- une aggravation de l’insalubrité,
- une colère sociale inévitable.
L’URGENCE D’UN CHOIX RESPONSABLE
Les expériences du Gabon et de Brazzaville, telles que rapportées par plusieurs médias crédibles, montrent qu’Averda n’a pas su convaincre en Afrique centrale.
🟥 Kinshasa ne peut pas se permettre un pari hasardeux.
🟥 La transparence, la comparaison des bilans et le respect de l’intérêt public doivent primer.
Gouverner, c’est prévoir. Assainir Kinshasa, c’est choisir la compétence éprouvée, pas les promesses creuses.
📌 NOTE JOURNALISTIQUE
Cet article s’appuie sur des analyses de presse, des retours d’expériences urbaines et des comparaisons de coûts connues du secteur. Il appelle à un débat public éclairé, non à une condamnation judiciaire.
