Gentiny Ngobila Mbaka au Lycée Motema Mpiko : l’acte politique élevé au rang d’engagement civilisationnel pour refonder l’école congolaise
Par Osée Ngolo LaPlume Engagée | Actungolo.com | +243834344477
Il est des gestes qui, au-delà de leur matérialité, s’imposent comme des marqueurs d’époque. Des actes qui, sans bruit excessif, redéfinissent les contours de l’engagement public et réhabilitent, par la preuve, le sens profond de la politique. La descente du Sénateur de la République, Gentiny Ngobila Mbaka, ce vendredi 27 mars 2026 au Lycée Motema Mpiko, dans la commune de Kasa-Vubu, appartient résolument à cette catégorie.
Car ici, tout commence par une interpellation venue de la base : une école, une institution éducative de référence à Kinshasa, qui appelle à l’aide pour restaurer ses infrastructures, pour redonner à ses murs la dignité qu’exige sa mission. Et en face, une réponse qui refuse le langage abstrait des intentions pour épouser la rigueur du concret : 1 000 sacs de ciment, une enveloppe financière significative, et surtout, une présence physique, incarnée.
Mais ce qui confère à cet événement sa profondeur particulière, c’est moins le volume du don que le discours qui l’accompagne. Un discours qui ne se contente pas d’expliquer un geste, mais qui l’inscrit dans une architecture intellectuelle, morale et même spirituelle.
En convoquant la célèbre parole biblique – « Mon peuple périt par manque de connaissance » – Gentiny Ngobila ne fait pas un simple clin d’œil religieux. Il pose un diagnostic. Il identifie, avec précision, l’une des racines les plus profondes des fragilités de nos sociétés : le déficit de savoir structuré, de formation solide, de conscience éclairée. Dès lors, investir dans l’éducation cesse d’être une option politique parmi d’autres ; cela devient une urgence civilisationnelle.
Et c’est là que son propos prend une dimension presque magistrale. Il ne parle pas de l’école comme d’un bâtiment, mais comme d’un espace de fabrication de la nation. « Le socle de toute nation », dit-il. Une formule dense, qui mérite d’être dépliée : le socle, c’est ce qui supporte, ce qui stabilise, ce qui conditionne la solidité de l’ensemble. Fragilisez-le, et tout vacille. Renforcez-le, et tout devient possible.
Ainsi, le geste posé au Lycée Motema Mpiko se lit comme une tentative de consolidation de ce socle. « Une semence », précise-t-il. Là encore, le choix des mots n’est pas anodin. La semence implique le temps, la patience, la foi dans un futur qui ne se voit pas encore. Elle suppose aussi une responsabilité collective : semer ne suffit pas, il faut entretenir, protéger, accompagner la croissance.
En ciblant une école de jeunes filles, l’acte acquiert une portée stratégique. Car éduquer une jeune fille, c’est, dans bien des cas, transformer une famille, influencer une communauté, stabiliser une société. C’est agir à la racine, là où se construisent les équilibres sociaux les plus durables.
Face aux élèves, le Sénateur adopte une posture qui rappelle celle d’un pédagogue plus que celle d’un acteur politique. Il ne flatte pas, il élève. Il ne promet pas, il responsabilise. Discipline, abnégation, respect, crainte de Dieu : autant de repères qu’il érige non comme des contraintes, mais comme des leviers de transformation personnelle et collective. Il leur parle non seulement comme à des apprenantes, mais comme à des futures bâtisseuses du Congo.
Aux enseignants, il restitue la dignité d’une fonction souvent érodée par les réalités socio-économiques. En les qualifiant de « semeurs de savoir » et « artisans de l’avenir », il rétablit une vérité essentielle : aucune réforme éducative ne peut réussir sans la centralité de l’enseignant. C’est lui, dans la discrétion des salles de classe, qui façonne la matière humaine sur laquelle reposera demain l’État.
Mais le point culminant de cette intervention réside sans doute dans sa conception de la politique. « Un sacerdoce », affirme-t-il. Le terme est exigeant. Il exclut la médiocrité, il condamne l’opportunisme, il impose une éthique. Le sacerdoce suppose le don de soi, la constance, et surtout une fidélité à une mission qui dépasse les intérêts immédiats.
À travers cette grille de lecture, la visite au Lycée Motema Mpiko cesse d’être un événement ponctuel. Elle devient une illustration concrète d’un modèle de gouvernance : une politique de proximité, ancrée dans les besoins réels, orientée vers des investissements structurants, et portée par une vision qui articule le social, le moral et le spirituel.
Dans un contexte où la confiance entre gouvernés et gouvernants est souvent mise à rude épreuve, de tels actes contribuent à restaurer un lien essentiel : celui de la crédibilité. Car la confiance ne naît pas des discours, elle se construit dans la cohérence entre la parole et l’action.
Ce vendredi à Kasa-Vubu, il ne s’est donc pas simplement agi de remettre du ciment pour relever des murs. Il s’est agi, plus profondément, de participer à la reconstruction d’un idéal : celui d’une école congolaise forte, digne, capable de porter les aspirations d’une jeunesse en quête de repères et d’opportunités.
Et si l’on devait résumer la portée de cet instant, on dirait ceci : au Lycée Motema Mpiko, Gentiny Ngobila Mbaka n’a pas seulement répondu à un besoin. Il a posé un acte de foi en l’avenir.
