EXCLUSIF — Dialogue national : Jean-Claude Muena Wa Muena applaudit Tshisekedi, charge la C64 et prévient : « Le dialogue appartient aux Congolais »

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Par Osée Ngolo LaPlume Engagée | Actungolo.com | +243834344477

Dans une interview exclusive accordée à ACTUNGOLO, Maître Jean-Claude Muena Wa Muena, président national de l’USBC, sort du silence après l’adresse à la Nation du Président Félix-Antoine Tshisekedi consacrée notamment au dialogue national. Pendant une trentaine de minutes, l’acteur politique n’a esquivé aucun sujet : dialogue, opposition, C64, Églises, groupes armés, élections de 2028, Jean-Marc Kabund et situation sécuritaire dans l’Est.

Pour Muena Wa Muena, l’annonce présidentielle constitue d’abord une satisfaction. Il estime retrouver dans l’approche annoncée par le Chef de l’État plusieurs préoccupations qu’il avait lui-même défendues publiquement quelques jours auparavant.

« Le dialogue est pour nous tous, les Congolais », martèle-t-il, refusant qu’une poignée de responsables politiques puisse, selon lui, s’arroger le droit de parler au nom de l’ensemble de la population.

« Il faut consulter les Congolais »

Le président national de l’USBC salue particulièrement la volonté annoncée de consulter différentes composantes de la société et plaide pour une démarche qui descende jusque dans le Congo profond.

Provinces, forces vives, autorités coutumières, confessions religieuses et acteurs politiques : pour lui, la recherche d’un consensus national ne peut se limiter aux états-majors installés à Kinshasa.

Muena Wa Muena va même plus loin : lors des consultations politiques, il souhaite que les partis soient entendus individuellement et que le processus ne soit pas confisqué par les seuls regroupements politiques.

« Appelez tous les présidents des partis politiques et consultez-les individuellement, qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité », recommande-t-il.

C64 : Muena Wa Muena sort l’artillerie lourde

Interrogé sur le rejet des modalités annoncées par le Chef de l’État par des responsables de l’opposition réunis autour du C64, le président de l’USBC ne ménage pas ses mots.

Il accuse certains opposants de vouloir réduire le dialogue à une négociation entre élites politiques, alors que, selon lui, les Congolais doivent être au centre du processus.

Et lorsqu’il évoque le C64, sa critique devient particulièrement sévère : « Je ne fais pas partie de cette histoire-là. Ce sont des conglomérats d’aventuriers », affirme-t-il au cours de l’entretien.

Une déclaration qu’il assume, tout en expliquant que son désaccord avec certains anciens compagnons politiques repose désormais sur la conception même de l’opposition.

Pour Muena Wa Muena, s’opposer devrait signifier combattre un système, une politique ou une méthode de gouvernance — et non transformer le combat politique en hostilité permanente contre un individu.

Kabund : « Il y a un point de divergence »

Sur Jean-Marc Kabund a Kabund, avec qui il reconnaît avoir cheminé politiquement, Muena Wa Muena refuse de parler de rupture personnelle définitive.

« Ce n’est pas un divorce. Il y a un point de divergence », explique-t-il.

Ce point de divergence concerne notamment l’orientation politique prise autour du C64, à laquelle le président de l’USBC dit ne pas adhérer.

Dialogue avec ceux qui ont pris les armes ? Il dit non

L’une des positions les plus tranchées de l’entretien concerne la participation au dialogue des Congolais engagés dans des mouvements armés.

Muena Wa Muena s’y oppose catégoriquement.

Selon lui, faire entrer dans un processus politique des personnes poursuivies ou condamnées pour des faits liés à la rébellion poserait également la question du respect de la justice et de l’autorité de l’État.

Sur la guerre dans l’Est, il désigne par ailleurs le président rwandais Paul Kagame comme le cœur du problème régional et décrit certains Congolais engagés dans les groupes armés comme des acteurs manipulés par Kigali. Ces accusations relèvent de son analyse politique personnelle.

CENCO–ECC : une proposition qu’il conteste

L’entretien devient également électrique lorsqu’est abordée la proposition des confessions religieuses autour d’un processus articulé notamment autour du pré-dialogue, du dialogue et du suivi des engagements.

Jean-Claude Muena Wa Muena conteste particulièrement toute démarche qui, à ses yeux, reviendrait à imposer une conduite à la Présidence de la République.

Il reconnaît la place des Églises dans la société congolaise, mais considère que leur rôle ne doit pas se transformer en pression politique sur les institutions.

2028 : « Allons aux élections à la date prévue »

À la question de savoir si le dialogue pourrait perturber le calendrier conduisant aux élections de 2028, Muena Wa Muena défend une ligne sans ambiguïté : le dialogue ne devrait pas servir de raccourci vers un partage des postes ni devenir un prétexte pour repousser les élections.

Il accuse même une partie de l’opposition de chercher, à travers le dialogue, une nouvelle redistribution du pouvoir.

Sa proposition est simple : dialogue oui, mais ensuite élections dans le délai prévu.

Une interview sans filtre

Durant près de trente minutes, Jean-Claude Muena Wa Muena aura donc choisi de parler sans détour.

Soutien à l’ouverture des consultations annoncées par Félix Tshisekedi, rejet d’un dialogue réservé aux élites, opposition à la participation des groupes armés, sévère charge contre la C64, désaccord avec Jean-Marc Kabund, critique du rôle politique revendiqué par certaines confessions religieuses et défense du calendrier électoral : le président national de l’USBC pose ses lignes rouges.

Au cœur de son message, une conviction revient comme un refrain : personne ne devrait confisquer la parole du Congo.

Et sa formule résume pratiquement toute l’interview :

« Le dialogue n’est pas celui de l’opposition ni d’un groupe de personnes. Le dialogue est pour tous les Congolais. »

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