Kinshasa — contrôle technique : 80 millions USD par mois à la RFCK ? La Régie sort ses chiffres et démonte une accusation qui embrase la toile

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Par Osée Ngolo LaPlume Engagée | Actungolo.com | +243834344477

Kinshasa — 80 millions de dollars américains par mois, soit 240 millions USD en trois mois : c’est le chiffre spectaculaire attribué aux recettes du contrôle technique des véhicules à Kinshasa et qui alimente la polémique sur les réseaux sociaux. Face à cette accusation, la Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) brise le silence et oppose désormais les chiffres, le mécanisme réel de perception et les textes réglementaires à ce qu’elle qualifie de fausses informations.

Dans son communiqué officiel, la RFCK, dirigée par Kajos Kasinzi Mafolo Joseph, apporte un démenti catégorique : les affirmations faisant état de 80 millions USD de recettes mensuelles sont « fantaisistes et infondées » et relèvent, selon l’institution, de la pure fiction et du sensationnalisme.

5,18 USD par véhicule : la réalité financière exposée par la RFCK

Le chiffre central du démenti est précis : la rétrocession moyenne revenant à la RFCK s’élève à seulement 5,18 USD par véhicule, au titre de sa prime de mobilisation et de son fonctionnement.

La Régie précise également que la Ville ne dispose pas de centres propres de contrôle technique. Les paiements sont effectués directement par les assujettis auprès des guichets avancés des banques installés dans les centres agréés.

Les tarifs appliqués ne sont pas fixés arbitrairement par la RFCK. Ils sont déterminés par les textes réglementaires en vigueur, tout comme la clé de répartition des recettes. La rétrocession attribuée à la Régie, autrefois fixée à 37 %, est actuellement de 20 % du taux de la redevance.

Une précision capitale qui change complètement la lecture des montants en circulation : l’intégralité de ce que paie un automobiliste lors du contrôle technique ne constitue donc pas une recette revenant à la RFCK.

55 000 véhicules contrôlés : les chiffres qui font tomber l’accusation

La RFCK met également les volumes réels sur la table.

Entre septembre 2025 et mars 2026, lors de la première échéance, 55 000 véhicules ont été contrôlés, sur un parc automobile kinois estimé entre 800 000 et 1 000 000 de véhicules.

La deuxième échéance en cours compte, quant à elle, 13 000 véhicules enregistrés.

Face à ces données, la Régie oppose un calcul simple à l’accusation des 80 millions USD mensuels. Pour la RFCK, les volumes effectivement enregistrés et la rétrocession moyenne de 5,18 USD par véhicule rendent cette affirmation totalement incompatible avec la réalité financière de l’institution.

ECOFIN est sur place : la RFCK ouvre ses portes au contrôle

Loin de se soustraire au contrôle, la RFCK confirme que la Commission ECOFIN de l’Assemblée provinciale de Kinshasa effectue actuellement une mission de contrôle au sein de ses services.

L’institution affirme accueillir cette démarche en toute sérénité, convaincue que la vérification institutionnelle des données permettra de départager les faits des accusations propagées sur les réseaux sociaux.

Cette démarche intervient alors que le contrôle technique reste une obligation dans la capitale et que la RFCK est officiellement chargée du contrôle périodique des véhicules et de la gestion des fourrières à Kinshasa.

Pour son Directeur général, Kajos Kasinzi Mafolo Joseph, et l’institution qu’il dirige, la réponse est désormais sur la table : des chiffres, des textes réglementaires, un mécanisme bancaire de perception et un contrôle institutionnel en cours.

La RFCK réaffirme ainsi son engagement en faveur de la transparence, de la sécurité routière et du redressement des finances publiques de la capitale.

Entre les 80 millions USD brandis sur la toile et les données officielles dévoilées par la Régie, le débat quitte désormais le terrain du buzz : place aux chiffres, aux pièces et au contrôle des institutions compétentes.

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