JOSEPH KABILA, LE NÉRON CONGOLAIS : GENTINY NGOBILA DÉCHIRE LE VOILE DU CINISME ET DÉNONCE LE « BLANCHIMENT » POLITIQUE D’UN ANCIEN PRÉSIDENT
Écrit par Osée Ngolo LaPlume Engagée |
Journaliste et analyste politique |
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Dans une tribune philosophique d’une rare virulence, le sénateur Gentiny Ngobila Mbaka, président national de l’ACP, livre une charge frontale contre Joseph Kabila, qu’il accuse de vouloir réécrire l’histoire, de se dérober à ses responsabilités et de détourner le débat national sur fond de crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Une dénonciation qui place la mémoire collective, la souveraineté nationale et la responsabilité politique au cœur de la confrontation.
« Même si l’histoire était frappée d’Alzheimer, la mémoire collective congolaise ne servira jamais d’instrument de blanchisserie pour un ancien Président devenu rebelle. » D’entrée de jeu, Gentiny Ngobila Mbaka donne le ton. Pour lui, la sortie médiatique de Joseph Kabila ne saurait effacer dix-huit années de pouvoir ni soustraire l’ancien chef de l’État aux interrogations sur son héritage politique.
Le président national de l’ACP dénonce ce qu’il considère comme une entreprise de diversion, dans laquelle celui qui est aujourd’hui accusé par ses adversaires de liens avec le M23 se présenterait en donneur de leçons. Sous sa plume, la contradiction devient le cœur même du réquisitoire : comment dénoncer aujourd’hui les dérives du pouvoir lorsque son propre bilan demeure au centre de si nombreuses controverses ?
KABILA, LE PROCÈS DE L’INCOHÉRENCE
Gentiny Ngobila ne ménage pas ses mots. Il oppose les critiques formulées par Joseph Kabila sur la démocratie, les libertés publiques, les contrats miniers et l’enrichissement des dirigeants aux reproches adressés à sa propre gouvernance. Il l’accuse notamment d’avoir contribué à l’affaiblissement des institutions militaires et à une dépendance envers Kigali.
Pour le sénateur, cette posture relève d’une incohérence politique fondamentale : celle d’un ancien dirigeant qui voudrait juger le présent sans accepter que le passé soit lui-même interrogé. Sa tribune récuse ainsi toute tentative de comparaison mécanique entre les deux régimes et invite plutôt à examiner les responsabilités historiques de chacun.
M23, RWANDA : LA QUESTION DE LA SOUVERAINETÉ AU CŒUR DU COMBAT
C’est sur le terrain de la guerre dans l’Est que l’offensive de Gentiny Ngobila prend sa dimension la plus grave. Le sénateur présente Joseph Kabila comme l’un des acteurs dont les responsabilités présumées dans la crise sécuritaire doivent être examinées et l’accuse de chercher à déplacer le débat au détriment de la question centrale : l’agression et l’intégrité territoriale de la RDC.
Dans sa lecture politique, les relations entre Kinshasa et Kigali sous Joseph Kabila symbolisent une souveraineté fragilisée, tandis qu’il présente Félix-Antoine Tshisekedi comme le dirigeant engagé dans son rétablissement. Une opposition tranchée, qui traduit le positionnement de l’auteur et dont les accusations doivent être distinguées des faits judiciairement établis.
Mais son interpellation demeure sans équivoque : la souveraineté congolaise ne peut être sacrifiée sur l’autel des ambitions personnelles, et la souffrance des populations de l’Est ne saurait devenir un instrument de calcul politique.
NÉRON, LE SYMBOLE D’UNE HISTOIRE QU’ON NE PEUT EFFACER
En convoquant Néron, Gentiny Ngobila choisit une comparaison historique particulièrement sévère. Il dépeint Joseph Kabila, dans une métaphore accusatrice, comme un dirigeant qui chercherait à se dédouaner des conséquences d’une tragédie nationale tout en en désignant d’autres responsables.
Cette image résume l’intention de sa tribune : empêcher que les discours politiques du présent ne deviennent une opération de blanchiment du passé. Pour le sénateur, la mémoire des Congolais ne doit ni s’effacer devant les stratégies de communication ni se laisser détourner des questions essentielles de responsabilité, de vérité et de justice.
Au-delà de la confrontation entre personnalités, Gentiny Ngobila pose ainsi une question qui dépasse les querelles partisanes : quel jugement l’histoire portera-t-elle sur ceux qui ont exercé le pouvoir, sur leurs décisions et sur les conséquences de leur gouvernance ?
La conclusion de sa tribune sonne comme un avertissement : « La nuit ne durera pas pour toujours. » Une formule qui exprime sa conviction que les zones d’ombre de l’histoire politique congolaise finiront par être éclaircies.
Car, aux yeux de Gentiny Ngobila Mbaka, ni les discours tardifs ni les repositionnements politiques ne peuvent suffire à effacer le passé. Dans une République éprouvée par la guerre et les divisions, la mémoire collective demeure une exigence : celle d’un peuple qui réclame la vérité, la dignité et le respect de sa souveraineté.
