Le vrai chantier abandonné : MetroKin, ou quand la vision cède la place au rafistolageQuand une vision d’État cède la place aux solutions provisoires

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Par Osée Ngolo LaPlume Engagée | Actungolo.com | +243834344477

L’histoire retiendra moins les cérémonies d’inauguration que les infrastructures capables de transformer durablement la vie des citoyens. Les grands dirigeants ne se distinguent pas seulement par ce qu’ils inaugurent, mais surtout par la vision qu’ils laissent en héritage.

Kinshasa, mégapole en pleine expansion, ne peut relever les défis de la mobilité du XXIᵉ siècle avec des réponses conçues pour une autre époque. Une capitale appelée à compter plusieurs dizaines de millions d’habitants a besoin d’infrastructures modernes, d’une planification rigoureuse et d’une véritable continuité de l’action publique.

C’est précisément cette ambition que portait MetroKin, projet structurant initié sous le gouvernorat de Gentiny Ngobila Mbaka. Bien plus qu’un simple moyen de transport, MetroKin incarnait une nouvelle vision de Kinshasa : une capitale moderne, fluide, compétitive et résolument tournée vers l’avenir.

Cette initiative s’inscrivait dans une dynamique plus large de modernisation engagée sous le gouvernorat de Gentiny Ngobila : réhabilitation des infrastructures, amélioration de la voirie urbaine, assainissement de la ville et lancement de projets structurants destinés à préparer Kinshasa aux exigences d’une grande métropole africaine.

Les promoteurs de MetroKin soutiennent que les ressources nécessaires à la réalisation du projet avaient déjà été mobilisées grâce à des partenaires techniques et financiers. À leurs yeux, l’interruption de cette initiative ne relevait donc pas d’un problème de financement, mais d’une rupture dans la continuité de l’action publique.

Pour de nombreux observateurs, un projet d’une telle portée aurait dû être poursuivi indépendamment de son initiateur. Les grandes infrastructures appartiennent à la Nation, non aux personnes qui les conçoivent. Lorsqu’un projet répond à l’intérêt supérieur de millions de citoyens, il devrait transcender les alternances politiques et demeurer une priorité de l’État.

Pendant que MetroKin restait sans suite, Kinshasa continue de subir chaque jour les conséquences d’une mobilité insuffisamment adaptée à sa croissance. Les embouteillages paralysent l’activité économique, allongent les trajets et affectent directement la qualité de vie des habitants. Les solutions ponctuelles, aussi utiles soient-elles, peinent à répondre durablement à l’ampleur du défi.

Le continent africain démontre pourtant qu’une autre voie est possible. Le Maroc s’est imposé comme une référence avec la modernisation de son réseau ferroviaire et le premier train à grande vitesse d’Afrique. L’Égypte poursuit l’extension de son métro et investit massivement dans de nouvelles infrastructures ferroviaires. L’Algérie développe ses réseaux de métro et de tramway, tandis que l’Éthiopie a ouvert la voie avec le métro léger d’Addis-Abeba. Partout où ces investissements ont été réalisés, ils ont renforcé la mobilité, soutenu la croissance économique et amélioré le quotidien des populations.

Kinshasa mérite la même ambition.

Le débat ne devrait pas opposer des hommes, mais des visions. La véritable question est de savoir si la capitale congolaise entend simplement gérer les difficultés quotidiennes ou investir dans des infrastructures capables de répondre aux besoins des générations futures.

MetroKin demeure, pour ses défenseurs, l’un des projets les plus ambitieux jamais conçus pour la mobilité urbaine de Kinshasa. Son retour au cœur des priorités nationales constituerait un choix de responsabilité, de continuité et de vision.

Car les grandes nations ne progressent pas en abandonnant les bonnes idées. Elles progressent en les poursuivant, quel qu’en soit l’initiateur. L’avenir de Kinshasa mérite mieux que des solutions de circonstance : il mérite une vision d’État.

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