Made in Congo : Gentiny Ngobila transforme chaque achat en « bulletin de vote économique » et appelle la jeunesse à bâtir la souveraineté du pays
Par Osée Ngolo — La Plume Engagée | Actungolo.com | +243834344477
Et si la souveraineté du Congo commençait tout simplement dans nos habitudes de consommation ? À Silikin Village, samedi 5 septembre 2026, le sénateur Gentiny Ngobila Mbaka a choisi de parler à la jeunesse entrepreneuriale avec les mots d’un homme qui affirme avoir lui-même commencé à entreprendre dès l’âge de 18 ans.
Invité à la 3ᵉ édition du Forum de la Jeunesse, organisée par Congo Avenir, département de JNC (Je suis Ngobila par conviction), structure d’appui de l’ACP, le Président National de l’ACP et de JNC a développé un plaidoyer centré sur l’entrepreneuriat, la production locale et la souveraineté économique.
« Ce sont les projets qui appellent l’argent »
Face à ces jeunes entrepreneurs, Ngobila s’est attaqué à l’un des premiers freins à l’initiative : croire qu’il faut nécessairement disposer d’un important capital avant d’oser.

« Certaines personnes disent que l’argent appelle l’argent. Moi, je dis : ce sont les projets qui appellent l’argent. »
Sa méthode ? Commencer petit, mais ne jamais penser petit. Avoir une idée, étudier son marché, identifier un besoin réel, travailler avec discipline, contrôler sa gestion, réinvestir, continuer à se former et surtout préserver son intégrité.
Pour lui, l’entrepreneur ne devrait donc pas commencer par se demander combien il peut gagner, mais plutôt : quel problème congolais mon entreprise peut-elle résoudre ?
Acheter congolais, c’est « voter » pour le Congo
C’est probablement l’image la plus marquante de son intervention. Gentiny Ngobila assimile chaque acte de consommation à un choix économique :
« Chaque achat fait quelque part pour consommer congolais est un bulletin de vote économique. Et la question est simple : pour qui votez-vous ? »
Acheter localement, selon lui, revient à créer un emploi, soutenir le rêve d’un entrepreneur, renforcer une entreprise et participer à la construction de la nation.
D’où son appel à dépasser le simple slogan du Made in Congo pour en faire un comportement quotidien : « Consommer congolais […] c’est un acte de souveraineté. »

Le Congo riche de ses hommes avant son sous-sol
Alors que le débat sur la richesse congolaise ramène presque systématiquement aux minerais, Ngobila déplace le centre de gravité.
« La plus grande richesse du monde, c’est l’homme. […] La deuxième plus grande richesse du monde, c’est l’organisation. »
Une pensée qui rejoint sa vision du « Progrès partagé » défendue par l’ACP : les ressources et la croissance n’ont véritablement de sens que lorsqu’elles se transforment en emplois, en dignité et en amélioration concrète des conditions de vie.
Son message aux jeunes devient alors presque une sommation générationnelle : ne plus attendre que tout vienne de l’extérieur. Agriculture, agro-industrie, numérique, énergie, construction, transport, services ou transformation des matières premières : le Congo doit davantage produire ce qu’il consomme et transformer ce qu’il possède.
« Aucun peuple ne s’est enrichi en consommant ce qu’il ne produit pas. »

De jeunes demandeurs d’emplois à une génération de créateurs
Au fond, Gentiny Ngobila n’est pas venu promettre aux jeunes que l’entrepreneuriat serait facile. Il leur a parlé de risque, d’échec, de discipline, de formation, de persévérance et d’intégrité.
Mais il leur a surtout proposé un changement de posture : passer d’une jeunesse qui attend l’emploi à une génération capable de créer son propre emploi, puis celui des autres.
Voilà peut-être la substance politique la plus forte de son intervention à Silikin Village : la bataille du développement ne se gagnera pas seulement dans les institutions. Elle se jouera également dans les ateliers, les champs, les bureaux, les start-up et les entreprises créées par des Congolais.
Car, pour Gentiny Ngobila, « le développement de notre pays ne se décrète pas. Il se construit. »
Et si chaque projet congolais devient une entreprise, chaque entreprise un employeur et chaque achat local un soutien à cette chaîne, alors le Made in Congo cesse d’être une formule.
Il devient un choix de souveraineté.
