RDC : Félix Tshisekedi ordonne des mesures d’urgence face à la recrudescence des naufrages

Par Palmira Nzonza | ACTU NGOLO |
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Alors que le pays est frappé par une série de naufrages meurtriers sur ses voies fluviales, le président Félix Tshisekedi a exigé, lors du Conseil des ministres du vendredi 19 septembre, un renforcement immédiat des dispositifs de sécurité et de prévention dans le secteur du transport fluvial.
Le dernier drame en date, survenu dans la nuit du 10 au 11 septembre au confluent des rivières Nsolo et Maringa, dans le territoire de Basankusu (province de l’Équateur), a particulièrement ému l’opinion. Une pirogue motorisée baptisée Bokenda, transportant 129 personnes, dont une majorité d’élèves, a chaviré alors qu’elle rejoignait Basankusu-centre depuis le secteur de Waka. Seules huit personnes ont été secourues par des riverains. Le bilan provisoire, selon l’Agence Congolaise de Presse (ACP), fait état de 10 morts (sept femmes et trois hommes), 25 disparus et 96 rescapés.
À peine quelques heures plus tard, un autre naufrage était signalé sur le fleuve Congo, dans le territoire de Lukolela. Ce double drame s’ajoute à une longue série d’accidents fluviaux dans le pays, notamment celui du 11 juin dernier sur le lac Tumba (province de l’Équateur), qui avait coûté la vie à 48 personnes.
Navigation nocturne interdite et surcharge persistante
Les premiers éléments d’enquête évoquent des causes récurrentes : surcharge de passagers, navigation nocturne (strictement interdite), absence de gilets de sauvetage, embarcadères clandestins, et un contrôle étatique quasi inexistant sur certaines voies secondaires.
Face à cette situation dramatique, le chef de l’État a exprimé sa « profonde compassion » aux familles endeuillées et ordonné l’ouverture d’enquêtes rigoureuses pour établir les responsabilités.
« Chaque acteur – État, autorités locales, opérateurs privés et communautés – porte une part de responsabilité dans la prévention de ces risques », a martelé le président Tshisekedi.
Un plan d’action gouvernemental exigé
Le président a instruit le vice-premier ministre chargé des Transports de dresser un état des lieux complet de la navigation fluviale et lacustre, et de proposer des mesures urgentes. Parmi les décisions annoncées :
• Fermeture immédiate des embarcadères clandestins ;
• Application stricte de l’interdiction de la navigation nocturne ;
• Mise en œuvre de normes de sécurité sur tous les bateaux en circulation ;
• Traçabilité renforcée des embarcations ;
• Campagnes de sensibilisation à destination des opérateurs et des populations riveraines ;
• Acquisition de bateaux modernes et sécurisés ;
• Renforcement des moyens techniques et logistiques de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM) et de la Régie des Voies Fluviales (RVF).
Les ministres en charge des Affaires sociales ont, de leur côté, été sommés d’assurer la prise en charge des victimes, avec l’appui des partenaires internationaux si nécessaire, et de présenter un rapport sur l’évolution des mesures lors du prochain Conseil des ministres.
Une tragédie nationale qui dure
Malgré les discours et les décisions répétées, la République démocratique du Congo continue d’enregistrer régulièrement des accidents sur ses cours d’eau. Des centaines de vies sont perdues chaque année, dans l’indifférence relative, loin des grandes métropoles, dans des zones où l’eau est souvent le seul moyen de transport disponible.
Tant que les pratiques illégales resteront tolérées et que le système de régulation ne sera pas renforcé de manière structurelle, ces tragédies continueront de décimer des familles entières.
